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A – Introduction aux Yâna

L'enseignement

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La grande compassion et les moyens habiles du bouddha s’expriment naturellement, par un enseignement spontané, adapté à l’esprit et aux capacités des différents individus, pour que chacun puisse le pratiquer.

Il en résulte une grande quantité d’enseignements destinés à des êtres dont les expériences et les capacités de développement spirituelles sont très variées.

Cependant, toutes ces voies sont également précieuses et partagent le même but, atteindre l’éveil, réaliser l’esprit éveillé d’un bouddha.

L’enseignement du Bouddha se déploie, en réponse aux besoins des êtres.

C’est comme ça qu’on peut classifier ses enseignements en 3 véhicules (hinayana, mahayana et vajrayana) ou en 9 véhicules (dans la tradition Nyingmapa).

L'étude des véhicules permet de voir la dynamique du chemin, les relations entre les véhicules et de comprendre à quelle catégorie fait partie un enseignement.

Bien comprendre les 9 Yâna, c’est bien comprendre le chemin que l’on suit.

 

Ce qui s'est passé après que le Bouddha ait atteint l'éveil

Après avoir atteint l’éveil, il a dit: paix profonde, simplicité naturelle, luminosité non-composée.

Ici, il décrit l’indescriptible. Il a dit aussi que les humains ne pourront pas réaliser ça, car ils sont trop attachés aux objets de désir. Mieux vaut être paisible avec l’éveil, sans chercher à enseigner.

Pendant 7 semaines, il n’enseigne pas. Il a atteint l’éveil, et il n’enseigne pas. Heureusement, Indra, Brahma et d’autres êtres invisibles viennent le voir et le supplient par compassion d’enseigner.

C’est une pratique traditionnelle. C’est la requête au maître d’enseigner. Quelque part, on rejoue cet épisode, à ce moment-là. Ça montre que sans les disciples, il n’y a pas d’enseignements. C’est un point important. Ce n'est pas, le maître qui détient les enseignements et qui est autonome avec ça. Non ! Sans les disciples, il n’y a pas d’enseignement.

Le Bouddha, à ce moment-là, avec son oeil de sagesse, voit les différentes capacités des êtres : ceux qui ont beaucoup d’illusions, ceux qui en ont moins. Ceux qui ont des capacités vives, ceux qui ont des capacités moins vives.

Et il décide d’enseigner, à ce moment-là, en réponse à cette requête.

 

Absolu et le relatif

Il ne veut pas enseigner et finalement il enseigne.  Qu’est-ce que ça veut dire ?

C’est une histoire et un enseignement. Cette histoire à une saveur paradoxale, car elle met en rapport l’absolu et le relatif. L’éveil, c’est l’absolu et les êtres prisonniers des objets du désir, c’est le relatif. Et là, on est en train de parler du rapport entre les deux.

Dans un premier temps, le Bouddha affirme le caractère indépassable de l’éveil. C’est  sans aucun compromis avec le mode de fonctionnement ordinaire des êtres.

L’absolu n’est pas accessible du point de vue du relatif.

Et quand le bouddha ne veut pas enseigner, c’est aussi un point important à comprendre. Ce n'est pas comme quelqu’un qui a découvert une idée géniale et qui va la propager dans le monde. Ça c’est le fonctionnement de l’esprit ordinaire ; j’ai une super théorie et je vais transformer cet univers en un paradis. Il faut que je convainque tout le monde, que je crée un parti, prendre le pouvoir.

Mais le bouddha ne fonctionne pas comme ça. Il n’a plus d’égo et de moi.

 

Répondre à la demande des êtres

Il fonctionne en réponse à la demande des êtres, et c’est  ça qui est symbolisé par Brahma et Indra. Il ne faut pas se laisser troubler par le côté mythologique.

Ce qui est à retenir, c’est qu’on vient le solliciter. Il enseigne en réponse au besoin des êtres. C’est ça qui est mis en scène dans cette histoire.

Il n’a pas une intention propre. C’est l’intention éveillée qui est en réponse à la demande des êtres.

Mais pour cela, il faut que les êtres demandent. C’est important de demander. Ça, c’est aussi une pratique traditionnelle de faire la requête de l’enseignement.

Il y a une interdépendance ici. Pour que l’enseignement se produise, il faut qu’il y ait cette requête. Ça montre notre importance.

On a l'impression que les maîtres sont extraordinaires et que nous on est rien. On peut facilement avoir cette vision dualiste qui est fausse. On a un rôle extrêmement important, actif.

On est dans une grande organisation et tout est organisé. En même temps, tout ce qu'on fait joue un rôle là-dedans. Tout ce qu'on fait, tout ce bénévolat, participe à cette requête pour que l'enseignement puisse se produire. On crée les circonstances pour que l'enseignement puisse se produire. Et sans ça, l'enseignement ne se produit simplement pas.

L'enseignement a pu se manifester et la capacité de l'enseignement à libérer les êtres a pu se manifester.

Le point en relation avec les 9 Yâna est que le Bouddha s'est manifesté selon les capacités des êtres.

 

Les 3 Kaya

Les 3 Kaya, sont les 3 corps du Bouddha: Dharmakaya, Sambhogakaya et Nirmanakaya. On va y retrouver l'esprit de cette histoire.

Le Dharmakaya, est le corps de Dharma, le corps de vérité, de réalité absolue. C'est l'éveil du point de vue du Bouddha. C'est le Bouddha qui dit qu'il a atteint l'éveil et qui dit qu'il va rester paisible (dans l'histoire). C'est l'absolu même, au-delà de toute forme.

On verra qu'il y a malgré tout une forme qui symbolise l'absence de forme, mais fondamentalement, c'est au-delà de toute forme.

Nous, on a besoin de formes qui viennent nous chercher là où on est. Une forme qui nous soit accessible. On a besoin que l'absolu ait un visage qui soit tourné vers nous. Toutes les images du Bouddha symbolisent cela. Une forme tournée vers nous de façon à ce que l'on puisse communiquer, dans un monde des formes.

D'abord le Dharmakaya, Kuntuzangpo (Samantabhadra, le bouddha primordial), littéralement "tout bon", c'est l'éveil même. Qui est symbolisé par ce bouddha bleu en union, C'est une forme qui représente l'absence  de forme. C'est l'éveil même.

 

Samantabhadra (Dharmakaya)

Les formes du Sambhogakaya sont des images liées à la lignée.

Sambhogakaya veut dire corps de jouissance. Le terme de jouissance vient du fait que l'éveil jouit de qualités éveillées infinies. Il y a une richesse infinie de manifestations pour le bien des êtres.

Ces formes du Sambhogakaya sont, par exemple le bouddha Vajradhara. Vajrasattva est aussi un Sambhogakaya, que vous visualisez dans la pratique du Ngöndro.

Ce sont des formes qui ne sont pas limitées dans le temps et dans l'espace, qui existent  dans une dimension absolue, on pourrait dire visionnaires.

D'où viennent ces formes? Des visions des très grands maîtres. A partir d'un certain niveau, on voit directement cette manifestation de l'éveil. Ce n'est pas une visualisation. On le voit encore plus clair que ce qu'on voit là maintenant.

Le Sambhogakaya est l'éveil qui est accessible aux êtres dont les perceptions sont assez purifiées pour le voir comme ça. Il y a donc toutes sortes de formes qui expriment la richesse de l'éveil.

Vajradhara (Sambhogakaya)

Il y a ensuite le Nirmanakaya, le corps d'émanation.

Vous avez par exemple le bouddha Sakyamuni. C'est de le voir dans la dimension de temps et d'espace qui est la nôtre. Gourou Rinpoché est aussi un Nirmanakaya. C'était un mérite incroyable de pouvoir voir le Bouddha, et un mérite encore plus  grand de le voir comme un Bouddha.

Sakyamuni (Nirmanakaya)

Le Bouddha se manifeste selon ces 3 corps:

  • - Dharmakaya: Kuntuzangpo,
  • - Sambhogakaya: Vajradhara
  • - Nirmanakaya: Bouddha Sakyamuni, Garab Dorjé, Gourou Rinpoché

Et chaque fois, il va donner des types d'enseignements en rapport avec cette manifestation. Il enseigne selon ces corps et à différents niveaux.

Quand c'est le bouddha Sakyamuni, ça va être les soutras du Hinayana et du Mahayana. Là, il se manifeste en Inde, parce qu'un Brahmane est venu lui poser une question, et lui donne un enseignement.

Quand il s'agit des Tantras, il s'agira du bouddha Vajradhara qui va enseigner, peut-être dans une terre pure. Il va enseigner le Vajrayana, à ce moment-là.

Quant au bouddha primordial Kuntuzangpo, il va donner des enseignements Dzogchen. La cime des 9 véhicules est la cime du Vajrayana.

Cela correspond à cette manifestation selon les besoins des êtres, selon leur capacité, toutes ces formes qui se manifestent. C'est comme l'absolu qui se tourne vers les êtres et qui enseigne pour les êtres, le moyen d'obtenir cet absolu. De réaliser qu'ils sont cet absolu. Plus on va monter dans  les véhicules, plus ce sera clairement affirmé.

Le Rupakaya, c'est le Nirmanakaya et le Sambhogakaya. Ce sont les 2 corps formels. Le Dharmakaya, c'est  l'éveil en soit et le Rupakaya, c'est l'éveil manifesté.

Il y a 2 types de corps formels. Le Sambhogakaya, qui est une forme, mais soumise à aucune limitation de temps et d'espace. Le Nirmanakaya, le corps d'émanation, est une forme limitée dans le temps et dans l'espace.

Le bouddha enseigne, les 3 ou les 9 Yâna. Les 3 Yâna vous connaissez déjà, le hinayana, le mahayana et le vajrayana. Les 9 Yâna sont un déploiement de ces 3 Yâna.

Le Dharma

Dans le bouddhisme, le terme religion n'est pas utilisé. On utilise le terme de dharma. Le niveau ultime du Dharma est la vérité. C'est aussi un moyen, un chemin, quand nous nous sommes éloignés de la vérité et que nous avons été dans l'illusion. C'est un moyen pour nous ramener à la vérité.

Le dharma peut être enseigné au niveau de la base, de la voie et du fruit.

Le dharma c'est l'enseignement, la vérité ultime. Cet enseignement a pour but de révéler la nature ultime des choses.

Le bouddha n'enseignait pas particulièrement une doctrine, ou un dogme, il montrait la nature intrinsèque des choses, c'est à dire la Dharmata.

Le point ultime du dharma est de réaliser la nature ultime appelle la nature de l'esprit, qui est la nature de toute chose.

Pour les chrétiens, réaliser la nature de l'esprit c'est réaliser la nature de dieu. Dans le bouddhisme, dieu n'est pas vu à l'extérieur, il est réalisé dans la nature de l'esprit. Dans le bouddhisme, on adhère pas au concept de dieu, mais a la nature de dieu, qui est réalisée dans la nature de l'esprit. La vraie nature de notre esprit.

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